Problème à rendre totalement chèvre un bouc matheux !Une bergère p

ossède un troupeau de 36 chèvres composé de 25 de race massif central (bonne laitière) et de 11 de race Rove (plus rustique et moins laitière). Il y a deux traites manuelles par jour. Elles pâturent librement en moyenne 8 heures par jour à la belle saison. En complément, elles ont du foin le soir et deux rations de granulés par jour. En tenant compte de ces paramètres et de tous ceux cachés, calculez la quantité de lait moyenne annuelle par chèvre ?
Les esprits scientifiques se feront un bonheur de collecter tous les chiffres utiles à ce calcul et trouveront une réponse scientifiquement précise dans un temps concentré et en restant assis dans une vie très citadine. N’étant littérairement pas mathématique, préférant l’expérience du professionnel et le contact des mamelles bien pleines pour avoir une idée de

la réponse, un séjour de wwoofing à la Bergerie du Bosc, chez Frédérique Lagier (une ancienne prof de math, vous le croyiez !) fut « ma » solution à ce problème. Après 3 semaines chèvrement agréable et humainement intéressante, je suis repartie la valise bien garnie de fromages de chèvres, plus ou moins odorants, plus ou moins coulants, plus ou moins maculés de moisissure (hantise suprême des américains, bonheur suprême de l’exception culinaire française), je suis aussi repartie avec la réponse : 200 litres de lait en moyenne par chèvre, soit l’équivalent de 440 Picodons. Dans notre monde hyper-productiviste et archi-consommateur, c’est une bonne rentabilité. Bonne, c'est-à-dire qui offre un juste équilibre entre ce qui est pris à la terre pour fabriquer ces fromages sans l’épuiser pour que l’année d’après les chèvres aient de nouveau de quoi manger, et qui permet de faire vivre Frédérique et sa famille ainsi que les personnes qu’elles accueillent durant l’année : stagiaires, wwoofers, jeunes en vacances et personnes en réinsertion.
Voici la liste non-exhaustive des expériences variées qui ont participé à la richesse de ce séjour :
- La traite manuelle et la gestion multidirectionnelle des jets d’un lait tout chaud (30° à la sortie de la mamelle) sur les bottes, le pantalon, dans l’œil… et très souvent dans le seau (pour viser l’oreille, un stage de perfectionnement serait utile !).
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Le caillage/moulage/démoulage/retournage/salage/séchage de fromages (Caillé doux, Picodon, buchette, tome, faisselle) et des psitt-psitt magiques pour obtenir un peu de ce moisi si bleu, si bon en bouche !
- Les lever matinaux accompagnés d’images du levant somptueux : Massif du Mont-Blanc et plateau du Vercors, on vous voit, on admire vos courbes colorées du soleil matinal.
- La cueillette généreuse de mûres pour salade de fruit… jolie, jolie ! (je vous laisse mettre l’air qui va dessus).
- La rencontre très matinale (trop) avec un rat hagard, assommé par une chute de 10 mètres, se promenant avec une tapette autour du coup dans le cornadis des chèvres, espérant sûrement y faire une rencontre salvatrice. La rédemption n’étant pas prévue ce matin-là, ses souffrances furent abrégées par un « clac » incisif d’une paire de canines aux abois.
- Des caresses généreuses derrières des cornes et une quantité incommensurable de chaleureux bêêêeehhh (même s’il n’y a pas de bêêêeehh qui tienne !)
L'album photo est ici.
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